Archive for the Category »Paroles touareg «

En cette fin d’année je vous propose, en guise de meilleurs voeux,de faire comme les touaregs qui se demandent pardon d’office

sachant qu’il y a toujours quelque chose à se faire pardonner

Pardon si je vous ai offensé et bonne année !

Souéloum.

Bibliographie de Soueloum Diagho

Poésies touareg

Souéloum Diagho raconte le désert, espace grouillant de vie, palpitant comme le cœur de la planète. Il dit la richesse du silence et la force de son peuple, livre ses pensées et son regard sur notre monde occidental et nos peurs. Il explore tous les continents de la vie, de l’amour à la tristesse, en passant par le parfum du musc et le souffle du vent dans les dunes.

« Le Livre des calligraphies », mélange poésie et calligraphies; les tifinagraphies du désert.

« Proverbes et Sagesse des Touaregs de l’Adah » recense des proverbes façonnés par le quotidien des Touaregs du Nord du Mali. Des proverbes qui ouvrent à une sagesse sacrée et millénaire, inspirée par la majesté du désert.

Trace de Lune

Disponible en deux versions :

La porte dorée d’émail du soleil

Aux éditions Praelego

Le Livre des Calligraphies

Chez Lulu.com

Proverbes et Sagesse des Touaregs de l’Adah

Chez Lulu.com

Au Nom de ma Terre

Chez Lulu.com




Paroles touareg

Ténéré

Ténéré Takime Tazare

Ténéré Takime Tochale

Ténéré Tossame fal ay djane idarre

Adounya totabe choude almaz odane

Le Ténéré assis mais stressé

Ténéré assis et égaré

Le Ténéré a soif et court les plaines

Le Ténéré est jaloux du monde des aisances

Le Ténéré soulève l’horizon comme le crépuscule qui tombe

Souéloum Diagho (19/02/2013)

Le Tanezrouft

Elle est blanche et nue grande et dévorante

Dans son voile de poussière

On voit ses plaies les sillons de ses veines

Dans le regard de ses plaines

Elle a fait le tour des oueds si longtemps que la semelle de ses pieds est usée

On voit la peine dans ses yeux et la fatigue la ronger

Elle a si longtemps traîné que les râles font écho à sa mémoire parmi les cathédrales de pierres

Et des couronnes d’épines lacèrent ses ergs

Elle est depuis si longtemps dans l’attente qu’elle s’est usée l’âme

Mais je l’entends encore cogner et remuer ses os

Dans un murmure d’agonie

Fils, parlez plus fort

Il ne faut pas égorger l’espérance

C’est votre héritage

Souéloum Diagho (17/12/2011)

Par le goût de tes mots

Je dors ma nuit

Aurore et crépuscule se mélangent dans mes yeux

Je suis la mésange-pensée qui a cueilli ta pensée

Dans la coupe de mon cœur

Parfum des anges dans les limites de ta mémoire

Je suis la rose et le rosier épine dans ta poitrine

Je suis la source qui coule et la soif qui tenaille tes repos

Je suis le vent qui a couché le blé

Le blé qui t’a nourri

Par le goût que l’éternité a mis dans ta bouche

Prends appui

Souéloum Diagho (4/11/2011)

Les nomades

Les voilà débarrassés de l’illusion
Femmes et enfants aux mémoires courtes
Ah ! Ils respirent les plaines enfin
Se mettent à compter les saisons
Et ouvrent les portails des oueds
Pour remplir leurs outres avant de se perdre dans le néant
Ou sur les chemins différents
Chacun sa transhumance
A chacun son pâturage
Ils s’en vont

Souéloum Diagho


Le soleil se meurt

Une agonie à la place des festives fêtes
Le soleil se meurt
Une agonie à la place des festives fêtes
Une rumeur nomade à la gorge
C’est une étrange façon de répondre à la soif
Quand grisonne dans le lointain l’eau fraîche des rivières
Et que l’amour nourrit l’enfant au berceau
À peine commencé il disparaît
Le soleil l’a égorgé et l’a grillé dans ses feux ardents

Souéloum Diagho


… nous,
les Sahariens,
nous ne connaissons que la route,
la route qui a pour guide, tour à tour,
le soleil et puis les étoiles.
Et nous partons de notre cœur,
et nous tournons autour de lui
en cercles de plus en plus grands,
pour enlacer les autres cœurs
dans un cercle de vie, comme l’horizon
autour de ton troupeau et de toi-même.

Dassine


La route du Sahara

Je vous donne la route
Un bout de sentier dans le néant
que des pas au travers d’un rêve
Un espace à jamais ouvert,  un portail où viennent s’échouer nos remontrances
A vendre nos misères mais pas notre dignité
Un silence a lavé le ciel, un vide a armé nos consciences
Une torche enflammée d’espoir rougeoie dans nos mémoires
Des calamités à refaire le monde, un parfum de sueur à faire couler la moelle épinière
A rehausser une fête en métal, un morceau de souvenir
Une tête au bout d’un bras, une route étranglée dans l’esprit
Un voyage effréné par le vent  l’horizon l’a saupoudré
Rien à vendre sauf un grain de sable,  un quart de lune ivre que les pléiades ont bu comme une constellation brassée .

Souéloum Diagho
9/05/2011

Je vous conte l’histoire de ma terre

Je vous fais le récit par mots croisés d’un désert en souffrance

Un récit fiévreux dans l’avant-hier figé

Que j’estime à sa juste valeur à son juste poids de poussière

Dans la bouche de chaque enfant malade

Que l’écume des tempêtes et la sueur des volcans ont bouleversé par la piqûre du temps

Oh !  Terre !  Ta victoire n’est pas encore de ce monde

Le désir peut ignorer l’espoir qui le prolonge mais le désespoir finit toujours par contaminer le sang

Pas de place pour le repos  pas de place pour cueillir les plaintes

Rien que la survie pas de place pour mourir digne

Mais sur les genoux toujours le laboureur

Comme je vais crier fort la force de mes poumons comme je vais fouler un autre monde

L’abandon sera toujours mon cousin je vais briser toutes les montagnes a dents tranchantes

Au retour de l’hivernage je vais boire toutes les rivières pour apaiser ma soif

Et le feu qui brûle en moi et je vais battre le vent pour sauver une dune en danger

Pour sauver une chèvre et son cabri par la branche d’un palmier

Avant la destruction

Souéloum  Diagho

21/06/2011